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La politique de la ville a 20 ans

Il y a 20 ans, la France lançait sa première politique de la ville et un ministre en charge de cette question était nommé par François Mitterrand avec pour objectif, de transformer les quartiers en cinq ans. Afin de célébrer les 20 ans de la Politique de la ville, Maurice Leroy, a convié, jeudi 13 janvier, sept anciens ministres de la ville : Fadela Amara, Claude Bartolone, Jean-Louis Borloo, Elisabeth Guigou, François Loncle, Eric Raoult, Catherine Vautrin. Le ministre a rappelé, qu’en matière de Politique de la ville, le sentiment de continuité dépasse largement les clivages politiques : « spécificité française », a-t’il déclaré, « Ce qui est important c'est que nous continuions tous à travailler pour conjuguer l'urbain et l'humain; la Politique de la ville est l’exemple même d’une politique transversale, globale, territoriale et participative au service du modèle républicain d’intégration ».

La politique de la ville désigne les dispositifs de solidarité visant le rattrapage des territoires en difficulté et l’accompagnement social de leurs habitants. Elle touche huit millions de personnes et 2.500 quartiers, selon le sociologue Emmanuel Heyraud.

Historique

Deux mois après les émeutes de Vaulx-en-Velin déclenchées le 6 octobre 1990, le président Mitterrand tenait son discours fondateur de la politique de la ville à Bron (Rhône). Les 7 et 8 décembre, il réunissait un séminaire ministériel dédié à cette politique et nommait quelques jours plus tard le premier ministre d’Etat chargé de la Ville, confiant le poste à Michel Delebarre, alors ministre de l’Equipement, du Logement, des Transports et de la Mer.

« C’est la première fois qu’un gouvernement prenait à bras-le-corps ce problème et décidait de voir si on pouvait arriver à focaliser les moyens d’Etat pour essayer de faire bouger les choses », se souvient M. Delebarre, maire de Dunkerque, interrogé par l’AFP. Les ensembles décrits aujourd’hui comme criminogènes ont été d’abord « des quartiers de modernisation sociale dans la politique urbaine française » avant une « dégradation progressive » sous les effets du chômage, des difficultés de la vie, des conflits entre générations et de l’arrivée de nouvelles populations, analyse M. Delebarre.

« Ces dégradations ont mis 20 à 25 ans pour apparaître ». L’objectif de « redresser ce courant » en cinq ans, comme souhaité par le président Mitterrand, était une « gageure impossible », selon lui. Malgré un budget « pas considérable » et une « équipe restreinte », le ministre héritait d’un décret lui donnant « une autorité ou une capacité d’agir sur une trentaine d’administrations centrales, tous ministères confondus ».

M. Delebarre déplore une transversalité qui s'est diluée, de la politique de la ville qui selon lui nécessite une « inamovibilité pendant trois gouvernements successifs » et « une conviction fortement partagée par l’ensemble des responsables de ce pays, au-delà des alternances gouvernementales ».

« La politique de la ville n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre », confirme Maurice Leroy, devenu ministre de la Ville dans le gouvernement Fillon remanié, succédant à l’ex-secrétaire d’Etat Fadela Amara.  « C’est une politique qui s’intéresse avant tout aux habitants des quartiers les plus difficiles ».
« La Politique de la ville », a ajouté Maurice Leroy, « est une politique de solidarité nationale qui vise à donner aux acteurs des quartiers les leviers pour assurer la cohésion économique, sociale et territoriale." Les anciens ministres ont salué la création de l’Anru mais ont également souligné que, parfois, le poste de ministre de la Ville était un peu « ingrat ». Un ancien ministre résume en substance : « chaque fois qu’on a réglé un problème, on doit en affronter un autre".

Pour visionner la vidéo de l'anniversaire des 20 ans de la politique de la ville en France la-politique-de-la-ville-a-20-ans


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