| "Salaam London" un voyage dans les bas fonds de Londres |
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Lui qui était rentré en Angleterre parce qu’à force de courir le monde et de vivre dans d’autres cultures, il avait ressenti le besoin de se replonger dans la sienne et de retrouver ses racines! Le pauvre, en fait de “vraie” Angleterre, va être servi. Rien n’a changé à Brick Lane, depuis Jack, et même, probablement depuis William Shakespeare qui y vécut : crime, drogue, prostitution, misère. Ici, depuis des siècles se sont pressés les malheureux qui débarquaient sur les docks crasseux, huguenots français, Irlandais chassés de leur île par la famine, anarchistes, déclassés de toute sorte, juifs fuyant par milliers les pogroms du XIXème siècle, et maintenant réfugiés du Bengladesh, Afghans, Irakiens, Kurdes, Indiens, Somalis, Kosovars .. Tarquin va se voir obligé de louer une mansarde "pourrie" dans ce quartier "glauque" et va y rester un an. Douze mois pour écrire l'histoire de ce quartier dont il va décrire le quotidien sans concessions ni romantisme ni exotisme mais avec lucidité et humour, comme s'il était lui même immigrant dans un pays étrange et inconnu.
Avec son expérience de globe-trotter, et une solide dose d’humour et de tendresse, Tarquin Hall nous donne à savourer un récit passionnant qui oscille sans cesse entre tragique et comique avec des scènes mémorables mais aussi des personnages épatants comme le propriétaire de la mansarde qu'il a louée, Mr. Ali, qu'il définit comme “the ultimate cockney muslim” (en anglais dans le texte bien sûr), le genre de propriétaire qui revient avec un parapluie quand on lui fait remarquer que la salle de bains n’a plus de toit ou Sadie Cohen, cette vieille dame juive qui garde des souvenirs de tous les siens rescapés des pogroms ou encore son voisin Kosovar avec lequel il partage à Noël une oie volée dans un parc voisin... Mais le livre ne tombe pas dans un pessimisme sordide, car il se produit un miracle au fil du récit, et l'on comprend qu'on est bien en Angleterre, et que la plupart des habitants de Brick Lane partiront peu à peu vers les autres quartiers, devenus anglais à leur manière, comme des centaines de milliers d’autres avant eux au fil des siècles, ils vont accéder à un standing de la classe moyenne. |